Le musée Bolo aux portes du Monte Rosa

Lundi 27 avril 2015, Yves et Varen ont eu le privilège de réceptionner les 10 portes du Cray XE6, supercalculateur utilisé jusqu’en février 2015 par le CSCS (Swiss National Supercomputing Centre).

 

SCITAS revit des heures de gloire grâce au Musée Bolo et à l’aBCM

Auteur de l’article : Vincent Keller, Scientific IT and Application Support (SCITAS), EPFL

Février 1986, une date qui restera dans l’Histoire de l’EPFL. Ce qui était alors le SIC (Service Informatique Central) réceptionnait un CRAY-1, le premier d’une longue série (CRAY-2, CRAY YMP EL, CRAY YMP 4E, CRAY YMP M94, CRAY T3D, CRAY J90se) acquise par l’EPFL. La machine mythique pensée et développée par le génial Seymour Cray allait projeter l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne dans l’ère du calcul scientifique de pointe en Europe et dans le monde.

Pour accéder à une telle machine, il s’agissait d’installer des terminaux dans les bureaux des « opérateurs ». Lors du déménagement de l’actuel DIT dans ses nouveaux locaux du fait de la nouvelle réorganisation VPSI, l’un de ces terminaux originaux – un Ampex 230+ labellisé CRAY Research – a été retrouvé et offert à SCITAS, le lointain descendant du Service Informatique Central de la fin des années 80.

Après un nettoyage complet, le terminal a été reconnecté à un Raspberry Pi2 acheté pour l’occasion ; deux décennies après son dernier démarrage, la machine fonctionne à merveille. SCITAS tient ici à remercier Christian Zufferey pour son aide à l’installation de la pile matérielle et logicielle (câble série – USB, null modem, émulateur VT100, etc..) pour faire redémarrer le terminal.

Pour être complètement identique au terminal d’un CRAY-1, encore fallait-il lui connecter une imprimante « dot matrix » contemporaine. Où trouver, en 2015, une imprimante des années 80 susceptible de fonctionner, aujourd’hui en 2015 ? Dans les collections du Musée Bolo évidemment ! C’est donc par un froid samedi matin de mars que j’avais rendez-vous avec le toujours sympathique Varen Casoli dans l’un des locaux de stockage du Musée. A l’heure exacte du rendez-vous, je vois sortir Varen tout poussiéreux d’une montagne de vieux écrans et de machines endormies depuis trop longtemps et qui me tend un morceau de plastique. S’il ne me l’avait pas défini, ce morceau de plastique m’aurait plus fait penser à un déchet à destination de TRIDEL qu’à une imprimante 8 aiguilles.

papier

Il a fallu un samedi après-midi presque complet pour démonter l’engin, nettoyer soigneusement chacune des pièces, enlever les feuilles séchées, les restes de papiers et les insectes morts, et remonter l’imprimante pour la tester le jeudi suivant. En effet, ne manquait plus qu’une rame de papier « listing », le fameux papier infini avec ses bandes de trous caractéristiques de chaque côté, pour que le test soit mené à bien. C’est chez Viking, une entreprise située à Lenzburg dans le canton d’Argovie, que j’ai trouvé mon bonheur.

Jeudi 17h, l’imprimante fut chargée de papier, connectée au terminal CRAY et enclenchée. Une rapide recherche du « how to print from your Ampex 230+ » dans le mode d’emploi original a suffit pour faire crépiter la splendide KDC FT-5001 estampillée « Logitec GMBH ». Out-of-the-box !

imprimante

La morale de cette histoire est assez évidente. Au moment où l’on entend beaucoup parler d’obsolescence programmée, où la connectique n’est plus compatible d’un modèle à l’autre et où il s’agit d’avoir une bibliothèque de drivers pour faire fonctionner un simple scanner, du matériel vieux de trente ans fonctionne sans la moindre configuration comme s’il venait d’être acheté.

Je tiens à remercier l’aBCM pour m’avoir prêté cette imprimante. Que les Amis du Musée Bolo se rassurent, ils retrouveront leur imprimante dans un état impéccable très prochainement. Et du côté de SCITAS, on continuera à programmer des terminaux sur 24 lignes de 80 colonnes pour le plaisir, comme à l’origine !